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L’alibi n’a que trop duré

Ceux qui hurlent contre une re colonisation programmée du Mali sont probablement des panafricanistes convaincus mais ils sont tellement habités par une méfiance totale envers toute action occidentale sur le continent africain qu’ils en perdent toute objectivité.


Le terrorisme sous couvert d’islamisme qui a sévi au Mali depuis peu et ailleurs sur le continent depuis deux décennies maintenant n’est pas acceptable pour des populations pourtant en majorité musulmanes mais qui ne se retrouvent tout simplement pas dans les pavoisements incultes de personnes sans base spirituelle véritable qui s’adonnent à des trafics en tous genres, violent les femmes et filles des villes et villages qu’ils occupent tout en lapidant ceux qui vivent en concubinage pour des prétendues raisons morales et religieuses.


Toute la haine et l’intolérance de ces garnements sur-armés et prêts à se faire exploser dans les marchés, les mosquées et les églises ne pouvaient être ignorées par le monde.


Les pays de la CEDEAO ont tellement pris leur temps et donné tant d’importance à une prétendue conciliation qui d’ailleurs ne pouvait être acceptable par un pays souverain envahi brusquement et dont les populations atterrées et terrorisées subissaient les pires brimades.


Nous ne pouvons donc pas en vouloir pour une fois à la France d’avoir agi non comme une force coloniale et dominatrice mais comme un pays allié mieux doté militairement qui répond à une demande expresse comme l’avaient fait les tirailleurs africains pour libérer la France occupée. Nous devons pour une fois essayer de garder notre objectivité et critiquer plutôt nos frères africains qui n’ont pas daigné lever le petit doigt avant l’intervention de la France; c’est cela qui devrait être l’objet de nos critiques les plus sévères.


Il est plus aisé de toujours pointer le doigt contre l’Occident en le soupçonnant de vouloir encore une fois faire main basse sur les richesses africaines, mais pourquoi ne poussons-nous pas la réflexion plus loin en mettant le doigt sur notre propre incapacité à réagir promptement pour défendre nos territoires ? Si nous n’avons pu le faire du temps de la colonisation, il est impardonnable de ne pouvoir le faire aujourd’hui et maintenant face aux terroristes et aux rebelles. Quelle est donc cette Afrique qui n’agit pas, qui ne sait pas prendre de décisions et qui n’applique rien de ce qui va dans son intérêt ? Quelle est cette Afrique qui se morfond et se plaint en permanence, qui pleurniche qui se déconsidère et qui fait honte à ses peuples ? Quelle est cette Afrique qui est si mal gérée, si mal dirigée qu’on a brusquement envie de donner un grand coup de pied dans la fourmilière pour dire à toutes ces prétendues personnalités imbues de leurs privilèges, mais dans quel monde vous croyez-vous ? Pour qui vous prenez-vous ? Ne connaissez-vous donc pas la honte ? Ne savez-vous donc pas ce qu’est la bravoure ? Ou sont nos fiers guerriers tant chantés dans nos légendes ? N’étaient-ce que des légendes ?


Il faut que l’Afrique se réveille et le coup de gong de ce réveil ne peut venir que de l’intérieur. Pour aller loin, il faut le vouloir, c’est le premier acte vers la réussite. Nous avons l’impression que l’Afrique ne veut pas aller loin, que les dirigeants africains ne veulent vraiment pas amener l’Afrique vers les cimes de l’indépendance spiritualiste qui est le cœur de la volonté d’aller de l’avant, sans cela rien ne se passera. On dit bien que lorsqu’on a des ambitions étriquées on ne peut avoir qu’une récolte mesquine.


La situation du Mali nous ramène à des sombres mésaventures qui nous ont brisé le cœur en continu, tels les bombardements en Côte d’ivoire et en Libye, les guerres fratricides qui se propagent de pays en pays, les coups d’État impitoyables qui nous ont traumatisé et laissés perplexes.


Il ne faut pas être un devin pour voir que tout va mal, que rien n’évolue vraiment. Voyez les populations de nos pays dans leurs conditions de vie misérables ! Regardez les ors de nos palais ! Nul ne peut rester insensible à tant de gâchis. Il n’y a certainement là aucune malédiction mais il y a probablement une grande dose d’ineptie et une responsabilité collective qu’il faut décider de transcender quel qu’en soit le prix.


Même si nous avons la certitude du bien-fondé de la présence de cette force d’interposition pour épargner au Mali voire à une grande partie de l’Afrique des jours incertains, il nous semble que nous sommes les seuls responsables de la croix que nous portons et que nous sommes les premiers à nous clouer. Quand bien même l’Occident aurait des intentions inavouées, pourquoi devrions-nous acquiescer à ce qui nous importune et nous ramène au royaume des ténèbres ? Pourquoi ne sommes-nous jamais prêts à temps ?


L’alibi de l’Occident colonisateur et dominateur n’a que trop duré. La bonne question est la suivante: que faisons-nous pour être enfin libérés et gagnants ?

Fatoumata KANE – Janvier 2013



Crédit photo Cédric Spilthooren

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