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Le prix Nobel de la paix 2011 pour les femmes d’Afrique: Utopie ou Engagement politique volontaire?

L’octroi du prix Nobel de la paix 2011 aux femmes africaines est attendu avec joie et impatience. La campagne menée à cet effet fait des émules et de plus en plus de voix se joignent à celles des organisateurs pour mener cette bataille de reconnaissance des femmes du continent qui sans relâche et dans des conditions de vie difficiles voire de survie soutiennent leur communauté dans tous les domaines.

Le rôle des femmes est considéré comme quasi mineure tant leur humilité et leur respect des traditions les pousse à se taire et à ne pas se mettre au devant de la scène qui est offert sur un plateau en or aux hommes. Elles œuvrent discrètement, telles des fourmis jour et nuit pour le bien-être de leur communauté.

Dans certaines zones, les femmes font des kilomètres à pieds pour avoir accès à l’eau potable, pour se rendre au champ ou au marché pour écouler fruits et légumes. D’autres sous le chaud soleil du Sahel cassent des cailloux qu’elles espèrent vendre pour nourrir leurs enfants. Nous pouvons évoquer à l’infini les multiples métiers des femmes en Afrique, de l’agriculture qui occupe la majorité, en passant par le tissage, la médecine, l’enseignement ou bien d’autres métiers dits informels, elles sont de tous les corps de métiers. Rares sont celles qui ne sont que femmes au foyer et qui n’essaient pas d’avoir un petit revenu. En Afrique, aucune femme n’est paresseuse et ne se croise les doigts en ne faisant rien.

Le problème est que malgré tout le travail exécuté, malgré la charge morale qu’elles se mettent pour soutenir leur communauté, leurs revenus sont insignifiants. Ce sont elles qui ont la responsabilité réelle de gestion de la communauté mais elles sont pourtant confrontées à une déficience évidente des pouvoirs publics dans leur prise en charge, la pauvreté, le faible taux de scolarisation, la mauvaise prise en charge sanitaire, la violence physique et morale, la faible représentation dans les instances de décision font qu’elles sont décidément très braves pour malgré tout, élever leurs enfants en utilisant la force de caractère extraordinaire qui est la leur et être très utile à leur communauté.

Reconnaitre aujourd’hui tout cela en donnant une visibilité claire de ce qui est véritablement leur vie, en donnant l’information juste sur leur formidable courage, leur envie de vivre dans la paix, d’éduquer leurs enfants, leur pugnacité qui permet de braver de gros obstacles pour être des passerelles de paix et de joie de vivre, est un engagement politique volontaire. La campagne pour l’octroi du Nobel aux femmes d’Afrique est une manière originale et intelligente de donner une visibilité et une chance à toutes les femmes de l’ombre qui méritent que leurs problèmes soient connus, que leurs projets soient discutés et soutenus et que toutes les mains d’Afrique et d’ailleurs leur soient tendues pour qu’elles sortent enfin des généralités et des statistiques négatives des pouvoirs publics nationaux et internationaux et qu’enfin l’intelligence prime sur les certitudes primaires.

L’octroi du prix Nobel de la paix 2011 aux femmes africaines, leur offrirait une tribune qui porterait très haut et très fort leur voix et leur volonté de sortir de cette paupérisation structurelle qui les accable et surtout il montrerait leur capacité de gestion des communautés et des conflits et donnerait une visibilité juste de tout ce qui devrait être fait dans les domaines essentiels de l’éducation, de la santé, de la rémunération juste du travail mais surtout mettrait en avant leur réclamation de cessation immédiate et définitive de tous les conflits armés absurdes qui les font régresser.


Elles méritent ce prix.


Je vous remercie.


Fatoumata KANE – Mai 2011 - Ancona - Italie (Campagne Mondiale pour l’octroi du Prix Nobel de la Paix aux Femmes Africaines - NOPPAW).


Pour mémoire: Le prix Nobel de la paix 2011 a été conjointement attribué, vendredi 7 octobre, à trois femmes : Ellen Johnson Sirleaf, présidente du Liberia, Leymah Gbowee, elle aussi libérienne, et à la Yéménite Tawakkul Karman pour leur lutte non violente pour la sécurité et les droits des femmes.




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