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les industries culturelles en Afrique

Table ronde sur les industries culturelles en Afrique Faculté des Sciences de la Communication Université la Sapienza


Les industries culturelles`

La richesse des patrimoines culturels et artistiques et de la créativité de l’Afrique est considérable. Les industries culturelles produisent et distribuent des biens ou services culturels qui concernent essentiellement: – l’édition imprimée et musicale, – la production cinématographique et audiovisuelle, – le multimédia ainsi que l’artisanat, le design et l’architecture La formule industries culturelles fait l’objet de plusieurs définitions. Selon les uns, elle ne doit s’appliquer qu’aux domaines où l’œuvre originale est reproductible et quand la reproduction fait appel à la technologie, c’est-à-dire principalement aux domaines de l’audiovisuel (musique, film, multimédia) et de l’écrit. Selon d’autres, elle s’applique à tout domaine fondé sur la créativité et dont les produits sont généralement protégés par le droit d’auteur.

Le circuit global est le suivant : • L’origine • La création et la Production • La promotion et la distribution • Le retour


Enjeux économiques


Ces industries constituent l'un des secteurs les plus dynamiques de l'économie et du commerce mondial. Les industries culturelles constituent un secteur en très forte croissance : elles occupent la 5ème place dans la liste des secteurs les plus porteurs, après les services financiers, les technologies de l’information, la pharmacie, la biotechnologie et le tourisme. Les études chiffrées sur la contribution des industries culturelles à l’économie en Afrique sont assez rares. En Afrique du Sud, elles auraient procuré 3% du PNB en 1998. En Côte d’Ivoire, au Mali et au Sénégal, la musique serait le 3ème secteur dans l’ordre des contributions à l’économie nationale Dans la plupart des pays d’Afrique, les statistiques culturelles sont inexistantes ou insuffisamment développées. Ces industries constituent l'un des secteurs les plus dynamiques de l'économie et du commerce mondial. Les données statistiques de l’UNESCO, de la CNUCED et du Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) révèlent une tendance à la hausse des échanges de biens culturels à l’échelle mondiale. Depuis une vingtaine d’années, le commerce de ces produits connaît une croissance régulière. Il contribue au produit national brut (PNB) de certains pays à des taux variant entre 1 % et 6 % et crée des emplois à une hauteur parfois équivalente à celle de l’agriculture.

En dépit de plusieurs déclarations, chartes et plans d’action reconnaissant l’importance de la culture pour le développement en Afrique, les principales initiatives portant sur le développement des statistiques en Afrique ne contiennent aucune mention relative aux statistiques culturelles. Il serait important d’améliorer et de renforcer les statistiques sur lesquelles repose la formulation des politiques relatives au secteur des industries culturelles afin de perfectionner ces dernières dans le cadre des stratégies nationales de développement économique.

Politique culturelle

En Afrique, le développement des industries culturelles est inégal, les différentes disciplines s’ancrent dans des traditions plus ou moins longues, chaque pays a ses acquis et ses atouts. Mais l’environnement politique, institutionnel et réglementaire est très peu favorable,

L’organisation nécessaire pour la mise en valeur de toutes les expressions culturelles et artistiques représente des enjeux majeurs, sur le plan culturel, humain, social et économique. Ces dimensions sont en réalité étroitement liées. La pauvreté des moyens de production et de diffusion en Afrique limite considérablement l’évolution de ce secteur d’activité et nécessite un véritable engagement des pouvoirs publics auprès des artistes et artisans afin d’élaborer, adopter et mettre en œuvre des politiques volontaristes, adaptées aux enjeux du développement culturel, aux besoins spécifiques de la région et au contexte général de la globalisation; l’évidence de l’importance de la mobilisation des Etats, autour de la définition des politiques culturelles globales des media publics et de l’éducation en particulier; de la création des infrastructures de production n’est plus à démontrer. La mise sur pied des structures officielles d’encadrement telles que les ministères des petites et moyennes entreprises et de l’industrie qui collaborent étroitement avec les ministères de la culture.

La reconnaissance des espaces commerciaux régionaux comme la CEDEAO (communautés de développement de l’Afrique de l’Ouest) la SADC (Communauté de développement de l’Afrique australe) le COMESA (marché commun de l’Afrique de l’Est) et la CEMAC (communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale)

Le renforcement de la lutte acharnée contre la piraterie dans les pays et en dehors y compris sur les sites WEB.

Il faudrait également appuyer encore plus toutes les initiatives qui travaillent à :

• favoriser le dialogue intra et inter culturel • Améliorer les politiques et législations culturelles nationales et régionales et permettre leur intégration dans les stratégies de développement • Réaliser des études sur la contribution des industries culturelles à l’économie • assurer la pénétration des productions culturelles sur les marchés internationaux ; La culture et son produit, qui n’est pas une marchandise comme une autre, se trouvent sur le marché mondial, exposés aux risques d’un nivellement, d’un ravalement global, hypothéquant l’expression libre de la créativité, centre nerveux de la culture, dans son identité fondatrice.


Enjeux culturels, humains et sociaux


S’il est un droit fondamental pour l’homme au-delà de son existence physique en effet, c’est bien celui de s’exprimer c’est-à-dire, de poser un acte culturel. C’est cet acte qui fonde ses relations autour de lui, y compris les relations d’intérêt, économiques et commerciales. C’est donc son expression qu’il présente au monde. Et cette relation essentielle de l’homme dans le monde est fondamentalement culturelle, identitaire et donc fondée sur la différence. Les manifestations de cette différence fondamentale s’affirment dans les produits culturels souvent artistiques. Leur présentation, la préservation de cette différence est essentielle à l’homme au risque de le voir robotisé, standardisé et donc déshumanisé.

Les arts et la culture aiguisent les capacités intellectuelles et critiques, ils sont un outil incomparable de sensibilisation, d’information et d’éducation et contribuent largement au développement des connaissances et des compétences individuelles On ne peut méconnaître ni sous-estimer l’importance du rôle critique des artistes. Sans artistes pour la représenter, pour observer ses caractéristiques et ses choix avec recul, pour exprimer toutes les tensions qui la parcourent, une société a des œillères. Leur importante place dans la vie collective démontre que ces industries portent des enjeux collectifs et, partant, politiques Enfin, on sait aujourd’hui avec plus d’acuité qu’hier que la reconnaissance et la promotion de toutes les expressions culturelles sont un pilier de la sécurité humaine.

Organisation professionnelle et mécanismes de financement

Les industries culturelles permettent le développement de très petites entreprises. Le renforcement de leurs capacités de participation au dialogue politique sur toutes les questions qui les concernent en particulier l’élaboration de politiques culturelles adaptées et l’intégration de la culture dans les stratégies de développement La constitution d’un front commun et la mobilisation d’entités culturelles économiques et politiques sous-régionales et régionales.

Le recours à une expertise à toute épreuve en accordant une priorité à la formation des cadres compétitifs, pour la conception et la commercialisation.

Les études de marché en fonction de la pertinence, de la rentabilité, de la compétitivité.

L’accès au marché mondial avec des critères précis parmi lesquels la nécessité d’une étude préalable du marché et donc l’importance de la recherche, le partenariat et donc la coopération, et la mise en réseaux.

Il est nécessaire de cerner la dimension proprement industrielle d'une large part de l'économie de la culture. Les taxes, les droits de propriété intellectuelle, les investissements privés et le mécénat ainsi que l’élaboration d’une stratégie de lutte contre la piraterie. La création d’un dispositif de garantie est un moyen de faciliter l’accès au financement pour les entreprises culturelles en réduisant le risque pour l’établissement de crédit qui finance une opération auprès d’une entreprise éligible au fonds. Le succès du dispositif de fonds de garantie pour les entreprises culturelles dépendra de la capacité des partenaires locaux à promouvoir l’utilisation de ce mécanisme et à mobiliser le système financier dans le sens d’une plus grande ouverture vers les petites structures aujourd’hui quasiment exclues du financement bancaire traditionnel.

Il est ainsi indispensable, pour réussir le pari d’un financement bancaire accru du secteur culturel dans les pays du Sud, de sensibiliser et de motiver les différents agents économiques qui interviennent dans le secteur afin d’ouvrir un espace, aujourd’hui trop exigu ou inexistant, permettant l’éclosion des projets culturels. A ce titre, le système bancaire a un rôle fondamental à jouer dans le développement des entreprises culturelles.

Le cas de la croissance des industries sud-africaines de la musique et du film montre que leur développement et leur impact économique dépendent directement des politiques publiques de soutien. Au niveau des filières, les exemples du Maroc, et dans une moindre mesure, du Burkina Faso pour le cinéma, et de la Côte d’Ivoire pour l’édition, attestent de l’effet direct de ces mesures sur le niveau de développement de la production de biens culturels.

La coopération culturelle

Les industries, les entreprises, les habitudes de vie et les goûts s’internationalisent et se mondialisent. Le même phénomène vaut pour la culture ou les produits culturels. Que ce soit pour des raisons économiques, d’ouverture d’esprit ou même de simple curiosité, l’internationalisation des industries culturelles est une réalité. L’offre locale fait face à de faibles possibilités de financement à toutes les phases de la chaîne. L’accès limité au crédit caractéristique des marchés des pays en voie de développement, touche particulièrement les entreprises culturelles qui exercent une activité relativement risquée. Les difficultés d’accès aux ressources nationales réduisent les marges de manœuvre des professionnels et limitent leur capacité à répondre aux demandes des marchés locaux et internationaux. Ce phénomène les rend dépendants des financements extérieurs dont les critères et le montant peuvent fluctuer. Or, en Afrique subsaharienne, excepté l’Afrique du Sud, la plupart des films sont réalisés grâce aux financements extérieurs, les ressources locales ne représentant que 10 % des budgets.

Par nature, la globalisation des marchés qui accompagne la mondialisation engendre une standardisation. Les domaines de l’audiovisuel et de l’écrit qui représentent les plus grands enjeux économiques, sont dominés par quelques entreprises dont l’intérêt n’est pas de promouvoir la diversité mais de l’occulter. Ces oligopoles aiment en effet les marchés homogènes, propices à la consommation de masse, et les produits relativement neutres, susceptibles d’attirer un maximum de consommateurs. Et comme elles maîtrisent pratiquement toutes les étapes de la mise en valeur, de la production à la distribution, elles sont en mesure d’imprimer leur marque aux contenus, qui tendent ainsi à devenir des stéréotypes. A côté d’elles, il y a certes un peu de place pour des opérateurs plus modestes.


Conclusion


La tendance mondiale à la croissance du commerce des biens culturels est importante en Afrique, mais elle s’y répartie inégalement. La capacité à en tirer parti dépendra de l’existence ou non de politiques publiques de soutien aux industries culturelles. L’exemple de la croissance des industries sud-africaines de la musique et du film montre que leur développement et leur impact économique dépendent directement des politiques publiques mises en œuvre. Au niveau sectoriel des filières, les exemples du Maroc pour le cinéma et du Burkina Faso pour l’audiovisuel attestent de l’effet direct des mesures d’encadrement sur le niveau de développement de la production de films et de programmes de télévision.

Toutefois, la perspective d’intégration au commerce international n’est pas le seul aspect sur lequel doivent se concentrer les efforts politiques. C’est aussi pour des raisons identitaires que les secteurs de l’image, du son et de l’écrit doivent êtres protégés et soutenus. De plus, la mise en place d’une production locale conséquente pour satisfaire les besoins locaux des populations est un préalable à la constitution d’une offre exportable sur les marchés internationaux. Elle nécessite des politiques nationales de soutien.

Il n’en demeure pas moins que l’enjeu essentiel est de créer les conditions de l’épanouissement culturel et du développement humain dans ces pays. La réalisation de cet enjeu dépendra de la capacité de tous les acteurs du développement – État, secteur privé et associations – à conjoindre leurs efforts. De la même manière, le développement des industries culturelles dépendra de l’intérêt que lui accorderont les dirigeants de ces pays. La culture en tant qu’objet de commerce et facteur du rayonnement d’un pays nécessite une alliance des acteurs du développement. Pour autant, il ne s’agit pas uniquement de protéger les patrimoines et les identités mais aussi de contribuer à leur enrichissement par l’ouverture que permettent la coopération culturelle internationale, les échanges culturels, les coproductions et les partenariats pour développer les structures et les réseaux appropriés. Enfin, il nous paraît essentiel de souligner l’importance qu’il y a pour les pays du Sud à structurer leurs marchés de la culture, et pour ceux du Nord à créer les conditions d’une meilleure diffusion et d’une meilleure reconnaissance des expressions artistiques du Sud.


Fatoumata KANE Faculté des Sciences de la Communicationh Université la Sapienza – Rome 6 décembre 2011



Bibliographie

1- Déclaration de Yaoundé sur les politiques culturelles et le développement des industries culturelles en Afrique

2- Les industries culturelles des pays du sud : enjeux de l'adoption de la Convention internationale sur la diversité culturelle (AIF -2004)

3- Les industries culturelles Bureau de l’information du Public. – Unesco (2006)

4- L’industrie culturelle – Theodor Adormo – (1967)

5- Consultation régionale sur les industries culturelles – Unesco (2000)

6- Manuel sur les industries culturelles – ACP (2006)

7- Diversité culturelle : de l’« or multicolore » pour asseoir un développement durable en Afrique Par Saliou NDOUR – Université Gaston Berger (Sénégal)


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